- Accueil
- Actualités
- Communiqués
- Élus socialistes
- Sections
- Thématiques
- Organisation
- Adhésion
- Nous écrire
Thématiques
Liens
Suivre @Socialistes21
Parler de culture en temps de crise n’est pas chose facile.
La culture est liée au divertissement, au loisir, à quelque chose d’inessentiel, qui vient après. C’est une activité à laquelle on consacrera peut-être un petit budget s’il reste des sous. C’est en tout cas cette vision réductrice et très « discussion de comptoir » que semble avoir N. Sarkozy, le verre à la main en moins ! Car si son niveau d’expression avoisine assez bien celui des fins des conversations houleuses au café du commerce, son coude rechigne à se lever, ce qui n’est pas le moindre de ses défauts ! Il n’existe donc pas de politique culturelle aujourd’hui. Qu’en sera-t-il demain ? Car il y aura, et cela fait du bien de se le dire, un « après Sarko ». Que proposeront alors les socialistes en matière de culture ? Existe-t-il une politique culturelle de gauche ? Si oui, à quoi ressemble-t-elle aujourd’hui dans nos communes ? À quoi devra t-elle ressembler au niveau local et national demain ? Toutes ces questions doivent être abordées par les socialistes aujourd’hui. La culture contribuant à l’émancipation de l’être humain, elle doit être une valeur, un pilier du socialisme.
Or, malgré une volonté farouche, lors des mandats exercés par la gauche, de développer la culture en la démocratisant, on constate un échec. Seulement 7% de la population française se rend au théâtre qui est ressenti comme une institution élitiste socialement ou intellectuellement. Comment tendre vers une culture « élitiste pour tous » pour reprendre les termes de Jean Vilar ? Comment réussir là où on a échoué précédemment ? Et comment pourra-t-on refonder une politique culturelle après le désastre orchestré par le gouvernement actuel ? En effet, les dispositifs existants au sein de l’Education nationale sont, petit à petit, démantelés (suppression des classes à PAC-projet artistique et culturel- ; baisse des subventions des ateliers artistiques qui permettent de bénéficier de la présence d’un artiste et de créer.) De plus le sort réservé aux intermittents n’est pas clair. Comment leur garantir un statut qui permette la création et qui favorise leur créativité ?
L’Ecole devrait être le lieu où l’on forme, éduque et développe l’accès à la culture. Si l’on veut démocratiser la culture, il faut éduquer le regard du futur spectateur, il faut former son œil, il faut le confronter régulièrement à des œuvres pour forger son esprit critique.
L’une des pistes serait peut-être de mettre en place une politique volontariste en matière de culture à l’Ecole.
En formant ceux qui y enseignent tout d’abord. On voit bien que le démantèlement des IUFM et la suppression d’une formation spécifique menés aujourd’hui, ne vont pas franchement dans ce sens ! Car s’il ne faut pas être diplômé pour changer des couches, il n’est sans doute pas nécessaire d’avoir lu quelques livres, de visiter des musées, d’aller voir des spectacles ou de fréquenter les librairies ou les festivals pour faire un cours de maths ou même de français au collège !
Donner un bagage culturel suffisant et les inciter à rester curieux toute leur vie, cela devrait faire partie de la formation des enseignants.
Intégrer cette volonté aux programmes scolaires, ensuite. Non pas seulement en demandant aux uns ou aux autres de faire un peu d’histoire des arts en cours mais en favorisant la rencontre d’œuvres et d’artistes, en créant les conditions de production d’œuvres même modestes, en introduisant une réelle pédagogie de projet artistique.
Enfin, donner les moyens aux établissements de réaliser ces projets en tenant compte de la ruralité et des difficultés supplémentaires qu’elle rencontre.
D’ailleurs, on peut aussi s’interroger sur une politique culturelle rurale. On constate que, bien souvent, nombre de compagnies, d’artistes, de micro-salles existent dans des communes rurales et cherchent à développer leur art. Mais les manque de moyens financiers ou techniques, de soutien bloquent ces projets. En outre, rien n’est pensé pour la population rurale qui a moins d’accès aux lieux de culture : se rendre à un spectacle coûte plus cher car il faut prendre la voiture. Si certaines salles de spectacles mettent en place des navettes, c’est loin d’être le cas pour la majorité. Que peut-on imaginer pour faciliter la création en milieu rural ? Que peut-on penser pour faciliter l’accès à la culture pour ceux qui vivent en milieu rural ? En ville, il y a des expos, spectacles, musées…et pourtant alors que la population a tout à portée de main, elle ne s’y rend pas. Les tarifs ont pourtant baissé jusqu’à la gratuité de certains musées, alors pourquoi les gens ne se déplacent-ils pas ?
À nous de réfléchir à tous ces enjeux et de dégager, modestement et à la lumière des idées et des compétences de chacun, ce que pourrait être une politique culturelle de gauche. Celle de droite paraît claire et la volonté du ministre Xavier Darcos de s’en tenir « aux fondamentaux »pour l’enseignement souligne bien cette envie de maintenir la « masse » dans l’isolement de l’ignorance. Avoir accès à la culture, éduquer l’esprit critique, préférer la culture au divertissement semblent dangereux pour une droite qui se satisfait de maintenir les citoyens dans un individualisme confortable qui se détourne de tout esprit collectif. Pour qu’il y ait culture, il faut qu’il y ait rencontre, confrontation. Le divertissement, lui, semble bien jouer son rôle de détourner du temps disponible de cerveau humain à des fins peu culturelles.
La culture est « ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers », écrivait Malraux. Pour éviter d’avoir à subir d’autres accidents de l’univers en 2012, confrontons nos idées !
Céline Maglica.









