Retour sur l’Afterwork européen autour de Pierre Pribetich

« le Parlement européen est une institution que je ne connaissais pas mais qui m’a passionné »

Pierre Pribetich, Député européen du Grand Est de 2007 à 2009 (Parti Socialiste Européen), Membre de la commission du développement régional puis de la commission des affaires étrangères et de la sous-commission Défense et sécurité au Parlement Européen, était l’invité de la section Côte-d’Or /Saône-et-Loire du Mouvement Européen France jeudi 20 juin pour participer à un dernier « afterwork européen », rendez-vous informel et convivial lancé dans plusieurs villes en France par l’association afin de mieux faire connaître le rôle du Parlement Européen à moins d’un an des prochaines élections européennes du 25 mai 2014.

Yannick Hoppe, Président de cette section, a rappelé que le ME-F, association de défense de la construction européenne au delà des clivages partisans, avait fait de la sensibilisation des citoyens sur le rôle du Parlement européen et l’incitation à voter aux élections européennes du 25 mai 2014 une des priorités de son action.

L’ancien élu socialiste du Grand Est a commencé son intervention en s’appuyant sur son expérience, racontant ses premiers pas au Parlement européen (« ce qui m’a marqué à mon arrivée le 4 juillet 2009, c’est l’effet masse »).  Bien que candidat en position éligible sur la liste conduite par Catherine Trautmann en 2004, « le Parlement européen est une institution que je ne connaissais pas mais qui m’a passionné ». Pierre Pribetich est revenu surl’organisation concrète d’une journée d’un eurodéputé, « fonction absorbante » entre les mini-plénières, le travail en commissions, Bruxelles, Strasbourg,  les journées en circonscription, et l’organisation avec ses mandats locaux d’Adjoint au Maire de Dijon et de Vice-Président de l’agglomération.

Soulignant « l’action politique de fond » qui s’effectue au sein de l’hémicycle, l’ancien eurodéputé a indiqué que « le fonctionnement du Parlement européen ressemblait plus à celui d’une communauté d’agglomération » qu’à celui d’un conseil municipal (au sein duquel il existe des rapports de force entre majorité et opposition.

Au Parlement, nous ne travaillons pas à la même échelle, pas sur les mêmes problématiques. Nos décisions impactent directement 500 millions de personnes.

Son mandat d’eurodéputé l’a conduit également à beaucoup voyager à travers l’Union Européenne, « une manière de découvrir l’Europe, d’autres fonctionnements, des cultures différentes » qui lui a apporté un « enrichissement humain considérable ».  En 14 mois, l’eurodéputé aura effectué pas moins de 48 000 km en voiture. « La fonction parlementaire européenne, c’est une roue sans fin » a-t-il expliqué, indiquant que contrairement aux parlements nationaux français, on pouvait trouver à chaque instant au Parlement européen des élus, des assistants avec des valises, courant entre deux moyens de transports, des dossiers, … Il a précisé que cela demande toute une organisation et que ce travail est forcément « un travail de groupe et d’équipe » soulignant l’importance du travail des assistants parlementaires (son assistante Aurélie Mallet était également présente dans la salle), chevilles ouvrières de l’action parlementaire et pouvant participer aux travaux et aux réunions, parfois même d’intervenir, contrairement aux fonctionnements nationaux.

Il a évoqué les difficultés médiatiques du Parlement européen autour d’une anecdote. L’eurodéputé a fait l’objet d’un article sur son action au Parlement européen dans la presse quotidienne régionale … le dernier jour de son mandat alors qu’il a été reçu par la BBC au cours de son mandat pour parler d’un dossier.

Pierre Pribetich s’est volontiers prêté au jeu des questions-réponses avec la vingtaine de citoyens présents.

Répondant à une question le récent rejet par le Parlement Européen des propositions de cadre financier pluriannuel 2014-2020, le « former member  of Parliament», Pierre Pribetich a salué cette volonté exprimée largement au sein du Parlement européen de ne pas accepter des propositions insuffisantes et a affirmé 4 ambitions à défendre à cette occasion :

  • la fongibilité des enveloppes
  • le soutien à la croissance
  • un budget plus dynamique
  • l’utilisation des enveloppes pour une véritable politique industrielle.

Il a condamné « la tradition française de se défausser souvent sur Bruxelles » et affirmé que le rejet de l’UE était « tellement facile pour la classe politique en général ». Convaincu que « l’euroscepticisme mise sur le fait que de nombreux citoyens ne perçoivent pas l’action au niveau européen », il préfère contribuer localement à ce que la participation de l’UE à des projets locaux soient mieux mises en avant comme le fait par exemple la Ville de Dijon en rappelant par le biais de « Dijon Habitat », l’office HLM local, que des fonds FEDER ont été utilisés pour la rénovation thermique dans des quartiers en plein renouvellement urbain.

A une question sur une entreprise locale qui a annoncé récemment son départ en Pologne, condamnant 150 emplois et utilisatrice de fonds européens qui lui permettrait de délocaliser, l’eurodéputé a appelé de ses vœux à une politique cohérente et à la mise en place de règles pour éviter le dévoiement par des grands groupes de certains dispositifs mis en place. « Ce n’est pas l’Europe qui crée le chômage ! » s’est exclamé l’élu, indiquant que la majorité des pays européens étaient actuellement dirigés par des gouvernements libéraux et précisant que « ce n’est pas l’Europe qui est responsable du dévoiement mais la manière dont s’organisent ceux qui pratiquent le dévoiement des dispositifs ».

Yannick Hoppe, Président de la section locale du Mouvement Européen, a invité les participants souhaitant « par exemple plus d’Europe sociale à utiliser (leur) bulletin de vote le 25 mai 2014 pour décider du contenu des politiques publiques européennes », invitant l’ancien eurodéputé àrevenir sur les enjeux et les nouveautés introduites par le Traité de Lisbonne. « Si on veut intéresser les citoyens  à voter massivement aux élections européennes, il faut politiser les débats européens et confronter les idées. Tout le monde y gagnera en clarté. C’est vous qui élirez finalement l’an prochain le prochain Président de la Commission européenne ! » a expliqué le Vice-Président exécutif du ME-F. Pierre Pribetich a confirmé que l’une des avancées démocratiques majeures du Traité consistait à ce que le Président de la Commission soit désigné dans le respect de la majorité qui sortirait gagnante du scrutin de 2014, tout en invitant à une majorité nette et claire et à limiter l’influence des partis eurosceptiques ou europhobes.

Au sujet de la politique spatiale européenne dont il a été un des rapporteurs lors de son mandat – un sujet qui le passionne comme celui des transports en général – il a émis le vœu que l’Europe puisse mettre en place de « grandes politiques européennes ».  « Galiléo avait 10 ans d’avance technologique sur le GPS et pourtant, le GPS américain a supplanté le retard et la gouvernance de Galiléo bloqué par les Américains ». Pour lui, le soutien européen à de « grandes infrastructures de transports à l’instar de la branche sud du TGV Rhin-Rhône – impossibles aujourd’hui avec les seules finances publiques locales – créerait des emplois localement ».

Au sujet de l’élargissement, Pierre Pribetich a rappelé que la Croatie s’apprêtait à devenir le 28e Etat le 1er juillet et que « l’intégration des pays balkaniques était nécessaire afin de préserver la paix » dans cette partie du continent. Il a indiqué qu’il avait récemment représentéFrançois Rebsamen, Sénateur-Maire de Dijon, Président de la commission Europe élargie au sein de l’AFFCRE, lors d’une mission effectuée par l’association sur ce sujet.

Pierre Pribetich s’est exprimé sur d’autres questions :

  • la paix : « L’Europe, c’est d’abord la paix. Les gens sous-estiment cela. Allez voir à Sarajevo ! »
  • la croissance : « En situation de crise, si un acteur doit contribuer au retour de la croissance, c’est l’Europe ! »
  • l’Europe à 28 : « il faut une Europe différenciée qui puisse permettre à ceux qui veulent plus vite d’aller vite dans le domaine de l’intégration politique, monétaire, économique »

Pour conclure, l’ancien député du Grand Est, qui a confirmé au cours de la soirée qu’il sera candidat à l’investiture de son parti pour figurer de nouveau sur la liste dans l’eurocirconscription, a affirmé:

l’Europe est en capacité d’impulser de grandes politiques permettant d’aller plus loin à condition qu’il n’y ait pas de dévoiement des concepts.

Yannick Hoppe, au nom du Mouvement Européen France, a remercié Pierre Pribetich de sa présence et de la qualité des échanges avant d’indiquer qu’il s’agissait du dernier « afterwork européen » organisé par la section et qu’il était donc important de conclure cette série engagée depuis début mai par le « local de l’étape » avant de confirmer que la section locale seraittotalement mobilisée jusqu’au 25 mai 2014 pour sensibiliser le public au rôle du Parlement européen et d’inviter les électeurs à voter notamment dès la rentrée avec un stand au Grand Déj’ des associations de Dijon le dimanche 22 septembre sur les berges du Lac Kir.

 

Article original sur le site du Mouvement européen