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Tribune publiée dans "Dijon Notre Ville" n°209 (décembre 2008)
À l’heure où la crise économique conduit l’Etat à recapitaliser les banques, la question du financement des collectivités territoriales et des CHU reste posée.
Le récent débat d’orientation budgétaire a souligné l’insuffisante augmentation des dotations et participations de l’État au budget de la ville. Ces dernières n’augmentent que de 0,79% pour une inflation proche de 3%. Par ailleurs, la TVA acquittée sur les investissements de l’année n-2 fait l’objet d’un versement différé du Fonds de Compensation de la TVA. Or, en intégrant ce FCTVA dans l’enveloppe dite « normée » qui ne progresse que d’une inflation sous-estimée, la loi de finances va encore baisser les concours de l’Etat. Si ces mesures ainsi que les menaces qui pèsent sur la Dotation de Solidarité Urbaine (DSU) se confirment, Dijon sera confronté à un exercice budgétaire difficile. Malgré tout, les dijonnais peuvent compter sur une bonne gestion financière qui améliore fortement la capacité nette de désendettement de la ville. En années d’autofinancement brut, cette capacité passe de 16,9 ans en 1997 à 9,69 ans en 2007. Avec la détermination de notre groupe, tous les engagements seront donc tenus. Par une fiscalité locale juste et une politique tarifaire volontariste nous défendrons le pouvoir d’achat des dijonnais tout en soutenant l’économie par la réalisation des équipements prévus.
Plus préoccupant est le désengagement financier de l’État des CHU. À Dijon, avec 392 millions d’euros, le budget du CHU (à comparer aux 233 millions du budget de la ville) reste le principal budget public et le plus gros employeur (6 335 personnes). Les élus représentés au conseil d’administration présidé par le maire risquent pourtant de voir leur rôle réduit dans les conseils de surveillance prévus par le projet de loi « Hôpital Patients, Santé, Territoires ». Alors que, par des plans successifs de retour à l’équilibre, tous les efforts de gestion compatibles avec le maintien de la qualité des soins ont été réalisés ou sont en cours dans les CHRU, aucun républicain ne peut admettre qu’une modernisation hospitalière se fasse en imposant le silence aux élus. Les vœux des conseils municipaux et, plus largement, les initiatives des maires et des administrateurs qui, comme à Dijon, demandent à l’Etat de remplir son rôle doivent être entendus. La recherche, l’innovation et l’enseignement sont des missions essentielles pour la santé. Elles exigent des moyens spécifiques de l’État pour sauver nos CHU.
Joël Mekhantar
Trésorier adjoint du groupe socialiste, radical de gauche, citoyen et apparentés
contact joelmekhantar@wanadoo.fr
Blog http://joelmekhantar.centerblog.net/









