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La France traverse la plus grave crise économique et sociale depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Mardi soir un énième show présidentiel était organisé à Saint-Quentin pour justifier une politique de plus en plus rejetée par les Français. Enfin ce n’était pas devant ni pour l’ensemble des Français que Nicolas Sarkozy intervenait à nouveau. Sur les terres du secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, et devant 4000 militants acquis à sa cause, l’exercice présidentiel visait principalement à (re) convertir ses fidèles, certains ayant, depuis quelques semaines, manifesté quelques réticences à la foi sarkozienne. Et ce, loin de la fonction de rassemblement qui doit échoir au président de la République… surtout dans une conjoncture aussi difficile !
Le lendemain de ce show, les chiffres du chômage tombaient à nouveau comme un couperet : 79 900 demandeurs de plus pour le mois de février, portant leur nombre total à 2,38 millions ! La Bourgogne, avec plus de 4000 emplois supprimés depuis le mois d’octobre dernier, n’échappe pas à cette tourmente.
Les drames humains, comme ceux qui frappent les salariés des entreprises concernées et leurs familles, sont multiples. C’est pourquoi devant l’urgence et l’ampleur de la crise, j’ai souhaité que soit amplifié, lundi lors de la session plénière du conseil régional, le Plan régional de soutien à l’économie que nous avions présenté dès l’automne. Avec comme objectif majeur, en parallèle au soutien aux entreprises, de venir en aide aux salariés en difficultés et aux demandeurs d’emploi.
Représentant un budget global de 23 millions d’euros pour 2009, ce plan compte 27 mesures concrètes destinées à être les plus simples, accessibles et efficaces possibles, dont de nombreuses actions, dans le cadre de nos compétences, en matière de formation professionnelle pour que les salariés conservent leur poste et pour que les demandeurs d’emploi retrouvent le chemin du travail : la mise en place d’un fonds de mobilité (doté de 5 €) permettant aux plus démunis de surmonter les frais de déplacement et d’hébergement liés à leur formation, un soutien important à l’effort de formation d’entreprises souhaitant embaucher rapidement des salariés licenciés économiques, un encouragement à la formation des salariés de plus bas niveau de qualification…
Voilà quelques-unes des mesures de ce plan, qui instaure également un prêt régional afin de consolider les capacités financières des entreprises et des artisans ainsi qu’un soutien actif à l’économie sociale et solidaire. Voté à l’unanimité (moins le FN qui n’a pas pris part au vote !), ce plan, qui vous est présenté en pièce jointe, n’a, naturellement, pas la prétention d’assurer seul le redressement de l’économie bourguignonne mais doit servir de levier à d’autres investissements.
Au moment où aucune décision ne devrait être prise sans se poser la question de savoir si elle est favorable à l’emploi ou à une meilleure justice sociale, nombre de décisions élyséennes continuent à nous conduire droit dans le mur.
Comment Nicolas Sarkozy peut-il maintenir le bouclier fiscal, comment ne peut-il pas avoir honte de reverser à quelques privilégiés des chèques d’un montant moyen supérieur à 33 000 € ! C’est d’un bouclier social dont les Français ont besoin actuellement !
Comment peut-il s’accrocher désespérément à la loi TEPA et à son dispositif fort coûteux sur les heures supplémentaires qui a joué pleinement et au pire moment contre les recrutements en entreprise ! Tout ceci concourt au sentiment d’exclusion et de dépression qui ne permet pas aux Français de croire, à nouveau, sereinement en l’avenir, ce retour de la confiance sans laquelle rien ne peut se construire !
Comment Nicolas Sarkozy peut-il rester sourd à la manifestation sociale du 19 mars, à laquelle nous avons été très nombreux à participer ! Comment peut-il, comme il l’a fait sans vergogne à Saint-Quentin, affiché un tel auto-satisfecit : « Jusqu’à présent, nous n’avons pas commis d’erreur »… ou encore « Le chemin que nous avons pris nous permettra de nous en sortir » pendant que la liste de celles et ceux qui souffrent ne cesse de s’allonger !
Au-delà de la stigmatisation des grèves et manifestations, il vient encore de rater une belle occasion d’associer le Parlement aux sujets essentiels qui préoccupent les Français. Ce sera par décret, si l’on en croit François Fillon, que seront arrêtées les modalités d’attribution des stock-options ou d’autres avantages lorsque les entreprises bénéficient du soutien de l’Etat et non par la loi ! Evidemment, ce décret, tel l’arbre qui cache la forêt, n’a qu’un seul but : faire oublier que dès le départ, dès l’octroi des aides, le gouvernement devait exiger des contreparties, comme l’ont fait d’autres pays européens…
La mobilisation doit être générale sur le front de l’emploi… L’implantation de la société polonaise Morpol à Cuisery en Saône-et-Loire susceptible de générer jusqu’à 350 emplois représente un bel exemple de cette mobilisation générale. C’est ma conception de la lutte face à la crise !
Amitiés socialistes…
François Patriat, sénateur-président du conseil régional









