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Récemment, la généralisation du RSA a été approuvée. Si notre groupe l’a votée, il l’a fait en exprimant aussi des inquiétudes, face à une présentation simpliste d’une nouvelle « formule miracle ».

Première inquiétude : son financement. Martin Hirsch en 2007 avait évalué le coût du RSA, (alors que la conjoncture était meilleure), à 5 milliards d’euros.que dire aujourd’hui du 1,5 milliards que le gouvernement souhaite engager ? Cela ne doit pas correspondre à une priorité ! Rappelons que le bouclier fiscal, qui exonère les plus riches de 15 milliards, a été voté le même jour…

Deuxième inquiétude : la diversité des publics et de leurs besoins. Le projet de RSA que nous avons porté en son temps avait pour but premier de faciliter le retour à l’emploi. Il était un outil supplémentaire, pas de substitution des autres allocations (RMI et Allocation Parent Isolé). Or, 30 % des bénéficiaires du RMI, désormais parmi les bénéficiaires du RSA, sont très éloignés de l’emploi avec de forts besoins d’accompagnement social. Que se passera-t-il si l’un de ceux là n’acceptait pas une proposition d’emploi ? En perdra-t-il le bénéfice ? Le risque existe. L’exclusion des jeunes de moins de 25 ans de ce dispositif, comme des étrangers, est aussi discriminatoire. Une erreur que la majorité cherche désormais à corriger. A 24 ans et 9 mois, avec un petit boulot à temps partiel, un jeune aura droit à rien, mais à 25 ans et 1 mois, si. C’est bien la façon de globaliser qui pose problème.

Troisième inquiétude : l’accumulation des ratés. Et avec près de 192 000 emplois détruits au 1er trimestre, la fusion des ASSEDIC et de l’ANPE a été décidée au pire moment. Dans la conjoncture actuelle, les effets pervers se font déjà sentir dans certains secteurs économiques (grande distribution, restauration, services à la personne) où la précarité est déjà trop courante. Ce système peut vite devenir une véritable aubaine pour les employeurs qui multiplieront les petits temps partiels en laissant financer le minimum par la solidarité.

Le département est donc sollicité pour abonder les trop faibles moyens que l’Etat y a mis. Et quels moyens ! Le recrutement de contrats aidés par le Département inquiète les travailleurs sociaux. Contrairement au battage médiatique, le RSA n’est donc pas la solution miracle. Une question cruciale se pose à tous : comment sort-on du RSA ? Nous sommes curieux de connaître la réponse de la majorité.

Le groupe des Forces de Progrès

Tribune libre, Côte d’Or Magazine, n°94 ; juillet-août 2009.

Publié le jeudi 9 juillet 2009
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