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On nous le promettait en septembre, et le voilà déjà, repoussé en octobre : le projet de loi sur la réforme des collectivités territoriales n’est pas si simple à préparer. Le chef de l’Etat avait pourtant déclaré ce dossier prioritaire au congrès de juillet dernier dans un bruit de fonds populiste (« trop d’élus », « trop de doublons », « trop de confusions »…). Sous la pression présidentielle, l’UMP et ses alliés examinent d’abord comment raccourcir les mandats des prochains conseillers généraux et régionaux.

A l’UMP, la volonté est clairement affichée : trouver le moyen de diviser par 2 le nombre des élus locaux, en habillant les conseillers généraux et régionaux du même uniforme de « conseillers territoriaux » pour mieux supprimer le plus grand nombre d’élus de gauche. Mais réduire une telle réforme à ce seul enjeu électoral serait très risqué. Car il y a de bonnes raisons de réformer nos collectivités, à commencer par la nécessité de rappeler un Etat affaibli à ses propres responsabilités, au lieu de stigmatiser les dépenses des collectivités.

Si cette réforme est sensée « simplifier » le millefeuille territorial, sa méthode pose des questions : autant les propositions di comité Balladur étaient dirigistes, autant les conclusions de la mission sénatoriale sont plus incitatives, laissant les collectivités se prononcer elles-mêmes sur leurs destins. Laquelle sera privilégiée ?

Outre la méthode, les enjeux ne sont pas négligeables :
-  Le chantier de l’intercommunalité ne fait que commencer et des progrès sont encore à faire dans le domaine de la coopération intercommunale : que peut faire telle communauté de communes de 1000 habitants ou telle autre si vaste, des SIVOM ? Quelle taille minimale ? Quelles compétences ? quels moyens ?
-  Entre régions et départements, la clarification des compétences appelle là-encore de nouvelles modalités de coopération ? Qui sera le chef de file ? En faut-il un ?
-  Et quid de l’autonomie financière ? Car, il ne suffit pas de repenser l’architecture territoriale, les financements sont essentiels. A quoi servirait demain une collectivité dont les élus ne décideraient plus des recettes fiscales ? Quelle serait son efficacité ? Celle que l’Etat et l’administration centrale lui laisseraient seulement.
-  Enfin, quel statut pour l’élu, quid du débat sur les modalités d’élections des conseillers ou exécutifs communautaires, ou sur les limites aux cumuls ?

Ces questions ne se situent donc pas sur un terrain purement politicien comme aurait voulu nous y entraîner la droite. Non, il n’y aura jamais trop de citoyens pour faire vivre la démocratie et la république ! C’est notre affaire à tous.

Tribune du Groupe des Forces de Progrès, extrait de Côte d’Or magazine, octobre 2009.

Publié le mardi 13 octobre 2009
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